« Fabio est un jeune homme plein de vie! Il est web développeur la semaine et musicien le week end. Il aime toutes les musiques du monde et c’est sur Internet qu’il va chercher les derniers concerts»
Une équipe de l’Unité de promotion des places d’apprentissage (UPPA)
débarque ce matin dans la région (lire ci-contre). Ce «commando» n’en
est toutefois pas à son coup d’essai. Récemment, il a déjà convaincu
trois entreprises yverdonnoises de l’importance de la formation. Vedior
SA et TouchMind SA, ainsi que l’épicerie «Au petit marché de la paix»
ne sont pas restées insensibles aux arguments de l’Unité de promotion
des places d’apprentissage.
Lauréat
du Prix Start-Up en 2005, TouchMind SA est aujourd’hui en pleine
croissance, puisque l’entreprise compte 16 collaborateurs. «Offrir des
places d’apprentissage est un pari que nous voulons tenir», affirme
d’emblée Martin Demierre, directeur et fondateur. Mais lorsque l’an
dernier, il entreprend les démarches pour trouver quelqu’un, il se rend
vite compte «que c’est très compliqué, et qu’il faut prendre des cours
pour répondre à certains critères».
En février dernier, il reçoit la
visite de l’Unité de promotion qui lui facilite la vie. «Notamment en
donnant la possibilité de suivre ces cours de maître d’apprentissage
sur deux ans», relève-t-il.
«Les places sont rares»
Pour
la rentrée d’août, la société est donc à la recherche d’un apprenti
médiamaticien, qui partagera son temps entre les cours théoriques au
CPNV et TouchMind. «Et nous encourageons les candidatures féminines»,
souligne Martin Demierre.
Récemment,
l’entreprise a engagé un ex-étudiant du CPNV, et elle se dit très
satisfaite de son travail. «Cela nous conforte dans l’idée qu’il est
important de donner leur chance aux jeunes. D’autant plus que les
places sont rares.»
Rares… et très
demandées! Teresa Frey peut l’affirmer depuis l’été dernier: «Si je me
souviens bien, il s’est passé moins d’une semaine entre la mise en
ligne d’une annonce sur le Net pour trouver une apprentie gestionnaire
de vente et son engagement.» Cette rapidité a, il est vrai, été
facilitée par le fait que l’entreprise répondait aux critères
autorisant l’engagement d’un jeune en formation.
«Une aide appréciable»
Quoi
qu’il en soit, Teresa Frey se félicite de cette expérience positive,
entamée grâce à l’UPPA. «En écoutant les arguments des démarcheurs,
nous nous étions rendu compte de l’aide appréciable que pouvait nous
apporter, à moindres frais, un apprenti», souligne la propriétaire de
l’épicerie «Au petit marché de la paix», ravie de pouvoir compter sur
deux personnes en permanence dans son commerce.
De son côté,
Alexandre Fallet a dû montrer patte blanche. Directeur de la succursale
yverdonnoise de Vedior SA depuis une année, il a sollicité en début
d’année une autorisation pour pouvoir engager une apprentie de
commerce. «En tant qu’agence de placement, nous prônons l’emploi. Il
est donc logique que nous soyons une entreprise formatrice»,
souligne-t-il. Au terme d’une audition d’une heure, ses dix ans
d’expérience dans la branche qui ont fait la différence.
Le
1er juillet prochain, son entreprise aura donc une apprentie de
commerce de première année. La jeune femme ne débarquera pas en terrain
inconnu, puisqu’elle effectue depuis janvier un stage professionnel au
sein de la succursale. «Justine Marmier était là depuis deux mois quand
nous avons entrepris les démarches pour pouvoir engager quelqu’un»,
souligne Alexandre Fallet.
S’il est convaincu que la formation est une nécessité, ce dernier
estime néanmoins que l’engagement d’un apprenti est «un challenge
personnel et professionnel» auquel il entend donner du temps. «Parce
que les jeunes sont notre avenir, et que ça me fait mal au ventre de
voir comment ils doivent lutter, même pour obtenir une place de stage»,
conclut-il.
Un «commando» pour convaincre
Dès aujourd’hui, et pour deux semaines, une équipe de cinq démarcheurs
va sillonner les territoires d’Yverdon, de Montagny et Yvonand pour
rendre visite à un maximum des 2137 entreprises qui y sont recensées.
Elle tentera de les convaincre de devenir formatrices, à l’image des
288 (13,5%) qui le sont déjà.
Dans les faits, la chasse à la
création de places d’apprentissage va commencer. Cette opération est
mise sur pied par la Direction de la formation professionnelle vaudoise
et son Unité de promotion des places d’apprentissage, en collaboration
avec le responsable de la commission d’apprentissage du district.
Le but premier de ces visiteurs
particuliers est évidemment de faire l’éloge de la fameuse formation
duale (entreprise-école). Il faut aussi tordre le cou aux arguments
négatifs: «Notre entreprise est trop petite», «Nous n’avons pas le
temps», ou encore «Nous sommes trop spécialisés». Les démarcheurs ont
d’excellentes réponses à opposer à ces «bonnes» raisons. Ils mettent en
lumière la nécessité de transmettre le savoir. Ils rassurent sur les
«contraintes» administratives et proposent à la fois un soutien
efficace et des connaissances permettant de faire le pas…
«C’est un travail de l’ombre, relève
Gills Magnenat, mais il a prouvé son utilité. Notre objectif était de
dénicher 1000 places d’apprentissage de plus sur le canton en deux
ans.» L’an dernier, 429 places ont été créées.
C’est donc prêt «à se
battre», que ce commando un peu particulier débarque dans la région.
«Nous sommes généralement bien accueillis», conclut Gills Magnenat.Da. P.