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«Offrir des places d’apprentissage est un pari qu’il faut tenir»

FORMATION | 23h10 L’Unité de promotion des places d’apprentissage débarque dans la région pour persuader les entreprises locales d’engager des appentis. Certaines ont déjà été convaincues.

OLIVIER ALLENSPACH | CONFIANCE: Justine Marmier effectue actuellement un stage professionnel auprès de Vedior SA. Satisfait de son travail, le directeur Alexandre Fallet a décidé de l’engager pour la place d’apprentissage qu’il vient de créer. YVERDON, 12 AVRIL 2007 crop320par220


  FRÉDÉRIC RAVUSSIN | 15 Avril 2007 | 23h10

Une équipe de l’Unité de promotion des places d’apprentissage (UPPA) débarque ce matin dans la région (lire ci-contre). Ce «commando» n’en est toutefois pas à son coup d’essai. Récemment, il a déjà convaincu trois entreprises yverdonnoises de l’importance de la formation. Vedior SA et TouchMind SA, ainsi que l’épicerie «Au petit marché de la paix» ne sont pas restées insensibles aux arguments de l’Unité de promotion des places d’apprentissage.

Lauréat du Prix Start-Up en 2005, TouchMind SA est aujourd’hui en pleine croissance, puisque l’entreprise compte 16 collaborateurs. «Offrir des places d’apprentissage est un pari que nous voulons tenir», affirme d’emblée Martin Demierre, directeur et fondateur. Mais lorsque l’an dernier, il entreprend les démarches pour trouver quelqu’un, il se rend vite compte «que c’est très compliqué, et qu’il faut prendre des cours pour répondre à certains critères».

En février dernier, il reçoit la visite de l’Unité de promotion qui lui facilite la vie. «Notamment en donnant la possibilité de suivre ces cours de maître d’apprentissage sur deux ans», relève-t-il.

«Les places sont rares»

Pour la rentrée d’août, la société est donc à la recherche d’un apprenti médiamaticien, qui partagera son temps entre les cours théoriques au CPNV et TouchMind. «Et nous encourageons les candidatures féminines», souligne Martin Demierre.

Récemment, l’entreprise a engagé un ex-étudiant du CPNV, et elle se dit très satisfaite de son travail. «Cela nous conforte dans l’idée qu’il est important de donner leur chance aux jeunes. D’autant plus que les places sont rares.»

Rares… et très demandées! Teresa Frey peut l’affirmer depuis l’été dernier: «Si je me souviens bien, il s’est passé moins d’une semaine entre la mise en ligne d’une annonce sur le Net pour trouver une apprentie gestionnaire de vente et son engagement.» Cette rapidité a, il est vrai, été facilitée par le fait que l’entreprise répondait aux critères autorisant l’engagement d’un jeune en formation.

«Une aide appréciable»

Quoi qu’il en soit, Teresa Frey se félicite de cette expérience positive, entamée grâce à l’UPPA. «En écoutant les arguments des démarcheurs, nous nous étions rendu compte de l’aide appréciable que pouvait nous apporter, à moindres frais, un apprenti», souligne la propriétaire de l’épicerie «Au petit marché de la paix», ravie de pouvoir compter sur deux personnes en permanence dans son commerce.

De son côté, Alexandre Fallet a dû montrer patte blanche. Directeur de la succursale yverdonnoise de Vedior SA depuis une année, il a sollicité en début d’année une autorisation pour pouvoir engager une apprentie de commerce. «En tant qu’agence de placement, nous prônons l’emploi. Il est donc logique que nous soyons une entreprise formatrice», souligne-t-il. Au terme d’une audition d’une heure, ses dix ans d’expérience dans la branche qui ont fait la différence.

Le 1er juillet prochain, son entreprise aura donc une apprentie de commerce de première année. La jeune femme ne débarquera pas en terrain inconnu, puisqu’elle effectue depuis janvier un stage professionnel au sein de la succursale. «Justine Marmier était là depuis deux mois quand nous avons entrepris les démarches pour pouvoir engager quelqu’un», souligne Alexandre Fallet.

S’il est convaincu que la formation est une nécessité, ce dernier estime néanmoins que l’engagement d’un apprenti est «un challenge personnel et professionnel» auquel il entend donner du temps. «Parce que les jeunes sont notre avenir, et que ça me fait mal au ventre de voir comment ils doivent lutter, même pour obtenir une place de stage», conclut-il.

Un «commando» pour convaincre

Dès aujourd’hui, et pour deux semaines, une équipe de cinq démarcheurs va sillonner les territoires d’Yverdon, de Montagny et Yvonand pour rendre visite à un maximum des 2137 entreprises qui y sont recensées. Elle tentera de les convaincre de devenir formatrices, à l’image des 288 (13,5%) qui le sont déjà.

Dans les faits, la chasse à la création de places d’apprentissage va commencer. Cette opération est mise sur pied par la Direction de la formation professionnelle vaudoise et son Unité de promotion des places d’apprentissage, en collaboration avec le responsable de la commission d’apprentissage du district.

Le but premier de ces visiteurs particuliers est évidemment de faire l’éloge de la fameuse formation duale (entreprise-école). Il faut aussi tordre le cou aux arguments négatifs: «Notre entreprise est trop petite», «Nous n’avons pas le temps», ou encore «Nous sommes trop spécialisés». Les démarcheurs ont d’excellentes réponses à opposer à ces «bonnes» raisons. Ils mettent en lumière la nécessité de transmettre le savoir. Ils rassurent sur les «contraintes» administratives et proposent à la fois un soutien efficace et des connaissances permettant de faire le pas…

«C’est un travail de l’ombre, relève Gills Magnenat, mais il a prouvé son utilité. Notre objectif était de dénicher 1000 places d’apprentissage de plus sur le canton en deux ans.» L’an dernier, 429 places ont été créées.

C’est donc prêt «à se battre», que ce commando un peu particulier débarque dans la région. «Nous sommes généralement bien accueillis», conclut Gills Magnenat.Da. P.
 
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